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Sobre et cartésien

    A Montréal, ‘La caserne’ de 1912 (G. E. Tanguay) est agrandie en 1996 (Julien et Plante) afin d’accueillir Ex Machina, le laboratoire artistique de Robert Lepage. La boîte noire revêtue de granite fait face au Musée de la Civilisation (1988, M. Safdie), dont les façades de pierre grise s’inscrivent dans la matérialité typique du Vieux-Québec.

    En 2021, Ex Machina cède les lieux au théâtre jeunesse Les Gros Becs. La nouvelle institution doit s’agrandir pour y aménager une salle de 350 sièges ainsi qu’une salle multifonctionnelle. C’est sur ce site, faisant partie du site patrimonial du Vieux-Québec inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO, que prend place l’agrandissement.

    Démarche

    La conception de Saia Barbarese Topouzanov Architectes + Delort et Brochu architectes s’est développée comme un dialogue à plusieurs voix : entre la ville historique et l’extension contemporaine ; entre la caserne, la maison d’Ex Machina et la nouvelle vocation du lieu ; entre l’extérieur et l’intérieur, et surtout avec le jeune public.

    À l’angle des rues Dalhousie et Barricade, la petite piazzetta et son œuvre d’art deviennent un carrefour vivant, ouvert sur le parc des Canotiers, le musée et le fleuve Saint-Laurent.

    Les volumes, sobres et cartésiens, composent une toile de fond qui met en valeur la caserne historique, et surtout sa tour, repère marquant dans le paysage.

    Une brèche traverse les bâtiments conservés. Elle devient le foyer reliant les deux entrées : celle du grand public, sur Dalhousie, et celle du public scolaire, desservie par les autobus sur Bell. Afin de signaler l’entrée et le nouvel usage du lieu, l’une des portes en bois est doublée d’une porte en verre bleu. Le seuil franchi, le sol reprend cette teinte, comme si le fleuve affirmait encore sa présence.

    Programme

    Au cœur du foyer, un escalier ouvert amorce le parcours vers la salle de théâtre, la salle de lecture et la salle multifonctionnelle. En le gravissant, la tour se révèle à travers le vitrage du lanterneau qui le couronne.

    Logée au second étage de la caserne d’origine, la salle de lecture bénéficie de ses hautes fenêtres. Au troisième étage, les lucarnes perçant la mansarde du côté ouest apportent un éclairage en second jour au foyer de la salle multifonctionnelle. Une petite terrasse triangulaire dessert les espaces administratifs et ouvre des vues vers le fleuve.

    Ambiances

    L’atmosphère, façonnée par les formes et les couleurs des espaces intérieurs, compose un parcours ludique pour le jeune public tout en prolongeant la matérialité de l’ancienne caserne. Au gris de la pierre du rez-de-chaussée répond un lambris d’acier inoxydable miroir, qui reflète autant le bois de la salle de théâtre que les allées et venues dans l’escalier. À la brique orangée du second étage fait écho une teinte cuivrée métallisée. Au bois de la mansarde répondent un doré métallisé et le lambris du foyer de la salle multifonctionnelle.

    Au cœur du projet, la salle de théâtre reprend le motif extérieur décliné en quatre teintes de bois.

    Circularité

    • Le bâtiment s’inscrit plutôt dans une démarche écologique fondée sur la « circularité ».
    • Le nouveau théâtre intègre, rénove et restaure la caserne de 1912 ainsi que la maison d’Ex Machina (1996), en y ajoutant une nouvelle intervention.
    • Le projet met en valeur et réutilise la structure existante en béton et en acier, tout en recyclant le revêtement en granit noir de la maison théâtrale de Robert Lepage.
    • La nouvelle enveloppe se distingue également par sa durabilité accrue étant en verre. L’assemblage de l’enveloppe offre une performance énergétique élevée grâce à des systèmes d’attache intégrant des ruptures thermiques.
    — 27 Mai 2026 —